Zainabou

Ce prénom exclusif et particulier a accompagné mon enfance, mon adolescence, toute ma vie. Un son dans le timbre est auréolé de douceur et de grâce.

J’entendais ce prénom et ma curiosité se vivifie. Une belle demoiselle qui n’était pas ma sœur dans la réalité, mais une sœur que le destin a voulu m’offrir en plus .

Je ne comprenais pas bien sa position, mais je sentais qu’elle occupait une place dans le cœur de mon père . Qu’elle était aimée par lui.

Nous n’avions pas de téléphone à la maison, mais lorsque mon père revenait de sa boutique à l’heure du déjeuner. Tout le monde savait qu’il avait des nouvelles à annoncer. Zainabou a eu son baccalauréat, Zainabou s’est inscrite en faculté de droit, Zainabou allait devenir avocate. Tout le monde écoutait avec intérêt, car cette sœur qui n’habite pas avec nous, habitait nos cœurs. Tout ce qui la concernait était événement clé. Nous suivions de loin son parcours universitaire, ses succès, ses déboires, ses joies et ses fêtes. Elle faisait partie de notre vie de famille, car elle était, avant notre arrivée dans ce monde (mon frère mes sœurs et moi) la fille de mon père.

J’ai mis bcp de temps à comprendre la position de Zainabou dans notre vie. Je l’ai aimée dès que je l’ai vue la première fois et j’ai senti qu’elle partageait mon affection pour elle, une symbiose que ni le temps, ni les separations n’ont altérée.

Élancée, distinguée à tous points de vue, par sa belle allure et sa classe, ses mains délicates, sa présence remarquable et remarquée.

Chez nous elle avait aussi ses droits, tout ce qui se faisait à la maison comme douceurs et gâteries, elle en avait droit et c’était normal. C’etait un rituel, car mon père aussi demandait si on avait garder la part de Zainabou.

Ses visites étaient une sorte d’événement. J’adorais m’assoir à ses côtés et elle aimait me peigner les cheveux avec ses doigts effilés. Elle me disait tes cheveux sont tellement doux, que tu n’as pas besoin de peigne.  Je me sentais proche d’elle et plus tard, elle a tenu à ce que je la surnomme tendrement ‘Titi’. Lorsqu’elle se maria, je passais mes vacances chez elle, dans sa grande maison décorée à l’européenne.

J’aime titi jusqu’à aujourd’hui avec la même affection naïve de l’enfance. Je suis attachée à elle par des liens solides. Elle fait partie de ma vie et je ne vois pas ma vie sans elle. J’aime ses enfants qui me le rendent bien. Je remercie le tout puissant de l’avoir dans mon univers, car elle m’a soutenue et m’a aidée dans mes moments les plus pathétiquement difficiles.

Que Dieu te garde Titi, te protège et te comble de ses bienfaits, que ton étoile continue à briller à jamais dans mon coeur…

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