Samia Gamal, la reine de la danse orientale au sang marocain !

 

SAMIA GAMAL, la reine de la danse orientale, au sang marocain!

 

Elle a dansé sur tous les rythmes,  c’est le papillon et la reine de la danse orientale.  Dans chacun des mouvements qu’elle exécute, elle jette un chagrin derrière son dos. Elle jetait un passé amer et retrouve une dignité chère, qu’elle a réussi à préserver du mieux qu’elle a pu, malgré son choc affectif, dont Farid était le responsable et l’amour de sa vie qui était Don Juan du Cinéma égyptien Rochdi Abada. Avant qu’elle n’ait clos ses vingt ans,  la belle brune à la beauté envoûtante, qui a captivé les cœurs est devenue la première danseuse égyptienne : Samia Gamal.

 

C’était une lady danseuse, celle qui a fait de la danse orientale un métier prestigieux. On disait d’elle que c’est la seule danseuse, qui a inspiré du respect à son public

Zineb Khalil Ibrahim, une jeune fille qui a commencé sa vie dans la tourmente, pour arriver au sommet. Elle est née à Benisuif, à la compagne dans un foyer, où le père était très religieux et d’une mère marocaine, affectueuse et attentionnée. Le sang marocain circule dans ses vaines et lui donne ce charme inouï 

Elle a vécu une courte période au sein du foyer familial. Lorsque sa mère meurt, Zineb passe d’une vie pleine de chaleur affectueuse à une existence d’amertume, d’ébranlement et de souffrance. Elle a  vécu les pires cinq années  de sa vie avec sa belle-mère, car son père s’est vite empressé de se remarier. Elle devint la domestique, la bonne à tout faire. À l’âge de treize ans, elle ne pouvait plus supporter ce martyre et pense à fuguer, mais pour aller où ?

Elle a pensé à sa grande sœur, qui vit au Caire. Elle rêvait de La Capitale de la vie moderne à la capitale. Elle ne supportait plus la vie à la compagne.

Puis un jour, elle décide de s’enfuir, elle prend le train vers Le Caire. Elle  part chez sa sœur. Dès qu’elle arrive chez elle, elle compris vite qu’elle a tourné la page de la compagne et qu’elle commence une autre vie dorénavant. Ce qu’elle ne savait pas c’est que sa sœur vivotait et arrivait, elle et son mari difficilement à joindre les deux bouts.

Elle commence à apprendre un métier, la couture, elle travaille dans des usines de confections, afin d’aider sa sœur et payer aussi sa nourriture, car le couple tirait le diable par la queue.

Zineb n’était pas une jeune fille frivole, ni de mœurs légères.  Elle était consciente de ses responsabilites. Elle fait la connaissance d’une voisine, qui adorait le cinéma. Un jour cette voisine invite  Zineb à l’accompagner  voir un film. Ce jour-là elle rentre un peu tard à la maison. Son beau-frère, qui était furieux la tabasse, il lui donne la raclée de sa vie.

Zineb a eu sa dose de la violence et ne voulait plus être victime de maltraitance. Là aussi, elle décide de s’enfuir encore une fois, mais où ?

Elle erra sans but précis, dans Le Caire des années trente, jusqu’à ce qu’elle tombe sur le ‘Café Jammal’, un endroit connu au Caire. Elle s’assoit à une table et commande un thé. Le fils du propriétaire du café la regarde, et vient s’assoir à ses côtés. Il lui demande d’où elle venait, au début elle lui dit de se mêler de ses affaires, mais il a su la mettre en confiance et elle lui raconte toute sa vie, le calvaire, qu’elle a vécu  avec sa belle-mère, jusque son passage douloureux chez sa sœur.

Il lui dit qu’elle était belle et qu’elle pouvait  gagner sa vie en dansant  et lui propose de la présenter à une grande artiste connue, sur la place, elle s’appelait Badia Nasabni.

Elle accepte et accompagne Mustapha El Jammal chez Mme Badia Nassabni. Cette dernière la toise du regard et l’examine de haut en bas. Elle avait du flair, elle décèle chez Zineb une certaine classe, une finesse et légèreté harmonieuse.  Elle dit « c‘est quoi ton nom? » Zineb se crispe, elle était nerveuse. Ce n’est pas  le nom de Zineb Khalil Ibrahim, qui va faire d’elle une artiste et décide de lui répondre promptement « Samia Gamal ». Elle s’est donné à elle-même ce surnom (nom d’artiste).

Mme Badia  Nassabni le trouve à son goût et lui demande:  « as-tu déjà dansé avant ? » Samia lui dit que non.Mme Badia Nassabni, decide de la prendre sous son aile et commence à lui donner des leçons de danse et découvre son don naturel, son charisme, son charme et sa grace.

Le cabaret de Badia Nassabni était une des enseignes artistiques les plus connues et les plus cotées. Mme Nassabni était convaincue que Samia Gamal était douée et vouée à un bel avenir au Caire. Elle lui donne sa chance et Samia dansa, pour la première  fois,  comme jamais personne ne l’a  fait avant, le public était fasciné. Mme Nassabni commença alors à engager les meilleurs professeurs de danse orientale, pour lui assurer une formation professionnelle, digne de son talent. 

Elle danse de nouveau devant le public, mais avec des chaussures à talons. À son premier pas de danse, le talon se casse. Samia enlève alors les chaussures et se met à danser, pieds nus sur les bouts des doigts, comme une ballerine.

Elle fut appelée à l’époque la danseuse aux pieds nus.

Tres vite elle fait la connaissance de Farid Alatrach, il lui ouvre sa maison et commence à tourner avec elle une série de comédies musicales. Leur relation évolue vers une vraie histoire d’amour. Samia Gamal danse sur les meilleures mélodies de Farid et était constamment en sa compagnie. Dans ses tournées à l’étranger, il était toujours avec elle. Toute sa musique était destinée à Samia Gamal. Il aimait la regarder se mouvoir avec grâce et joliesse. Tout le monde pouvait deviner, qu’ils étaient amoureux l’un de l’autre. Leurs films en disaient long sur leurs sentiments. Tout le monde se demandait pourquoi, ils n’ont jamais concrétisé leur relation romanesque,  par un mariage.

Farid pensait qu’étant prince, il ne pouvait se lier à une danseuse. Pourtant leur amour était évident et Samia Gamal a souffert de cette séparation.

Tout le monde pensait que c’est Samia Gamal, qui lui a brisé le cœur en partant. La vérité est,  qu’elle a vécu trop longtemps avec lui, elle l’aimait et aurait voulu se marier avec lui. C’est lui qui refusait cette idée. 

Ce fut le premier chagrin d’amour qu’a connu Samia, la rupture avec Farid était douloureuse. Son tourment et son déchirement  étaient si grands, qu’elle a déversé, par dépit, beaucoup de critiques sur Farid, qu’elle a regretté par la suite, car dans son témoignage, elle disait que les meilleurs films de sa vie étaient ceux qu’elle a faits avec lui et qu’elle lui portait un amour sincère.

Après cette crise, Samia Gamal commence à danser dans les meilleurs cabarets du Caire.

Samia joua dans un film américain, tourné en Égypte et elle est partie terminer le tournage aux USA et s’est mariée avec un américain, qui s’est joué d’elle et lui dérobé son argent. 

Elle se rend vite compte de son erreur, mis fin a son mariage et retourne au Caire. Elle commence à faire des films avec d’autres acteurs et c’est dans le film « الرجل الثاني » qu’elle fait la connaissance du Dan Juan de cinéma arabe Rochdi Abada. Elle tombe folle amoureuse de lui. Elle l’aime passionnément, d’un amour fou, exalté.

 Son amour pour Rochdi Abada était sa seule vraie histoire d’amour. Elle se maria avec lui, et se consacra corps et âme à cette union. Elle refusa plusieurs offres de films et de films télévisés. Elle voulait rester à la maison jouer la femme au foyer, s’occuper de Rochdi et de sa fille, issue  d’une autre union. Sa vie avec Rochdi était tumultueuse, elle passait sa vie à le fustiger et à  lui pardonner, elle accepte ses écarts, ses frasques, tellement elle l’aimait. Sa passion pour lui l’éblouissait et lui faisait accepter toutes ses erreurs .

Samia Gamal a sacrifié toute sa carrière pour Rochdi. Elle aurait pu faire un meilleur choix de vie, mais son amour pour Rochdi l’aveuglait.

Samia commence un jour à se lasser du comportement volage de Rochdi, il ne cesse de la tromper avec toutes les filles qu’il rencontre sur sa route. Il va jusqu’à se marier avec Sabah, qui a joué avec lui dans le film « كانت ايام ». Samia accompagnait Rochdi au tournage et ne pouvait imaginer que Sabah, sa copine pouvait lui prendre son mari.

Le coup était trop dur pour Samia, elle qui a tout sacrifié, sa carrière, sa vie entière pour être avec Rochdi et s’occuper de sa fille Ismet.

Elle était sa femme, sa nounou, son amie, sa confidente, la mère adoptive de sa fille. Elle jouait tous les rôles dans sa vie. Pourtant Rochdi n’a pas hésité à l’abandonner, pour  Sabah.

Samia Jamal demande le divorce et l’obtient. Il fallait qu’elle préserve sa dignité, elle ne voulait pas finir par mépriser Rochdi Abada, elle disait l’amour est fini, il faut tourner la page.

Samia, se retrouve sans ressources,  à court d’argent, son ami Samir Sabri qui chantait dans des hôtels cinq étoiles lui propose de devenir sa partenaire dans le spectacle, qu’il donne.

Elle hésite, danser à soixante ans devant le public ? Elle trouva cela difficile, mais Sabri insista et elle finit par accepter.  

Le public était impatient de retrouver Samia Gamal. Ce fut un grand succès. Tout le monde venait la voir dans cet hôtel, beaucoup  de spectateurs venaient de partout, dans le monde arabe exprès pour voir Samia Gamal.

Les gens étaient heureux de la revoir se mouvoir, même à 60 ans sa grâce et sa finesse n’ont pas diminué. Elle offrait un spectacle magnifique, une fois par semaine avec Samir Sabri dans cet hôtel cinq étoiles.

Au bout de deux ou trois saisons avec Samir Sabri, Samia Gamal décide d’arrêter, car elle disait qu’elle avait subvenu a ses besoins, ceux de sa sœur et sa famille.

Quelque temps après elle s’éteint et son nom reste gravé dans les annales du monde artistique arabe et orientale, elle était la diva. Sa danse avait un air particulier, distingué, élégante, raffinée et ne ressemble à aucune autre …

Inspiré de l’émission : ممنوع من العرض

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

Laisser un commentaire