Ramadan dans la ‘Ghorba’

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Ramadan dans la ‘Ghorba’

Passer le mois de ramadan loin du pays difficile à imaginer. Cependant la vie et ses obligations font que le choix s’impose. Cette période sacrée fait partie intégrante de moi, de nous tous, l’endroit devient alors, dérisoire.
Ramadan à Montréal est devenu pour moi un choix indéniable, car ici je trouve la paix et la sérénité, dont j’ai besoin pour accomplir mon devoir envers mon créateur. Nous savons tous que l’endroit n’est point important, car Dieu est partout.
J’ai, à chaque fois le plaisir et la satisfaction de constater que les marocains dans leur grande majorité respectent ce mois sacré, malgré les contraintes de l’éloignement et la ‘Ghorba’, le travail exigeant, le climat, les conditions en général, qui sont complètement différentes de celles du pays. Le sentiment d’anonymat et de solitude qui pèsent impitoyablement sur le moral. Malgré toutes ces pressions, nos compatriotes font les bouchées doubles, ils jeûnent, ils respectent les horaires difficiles de leur travail, les habitudes et les us du pays hôte, sans se plaindre.
La frustration, que nous éprouvons, vient du sentiment nostalgique qui nous serre le cœur, à cause de l’absence de gens qu’on aime, de membres de nos familles. L’absence de la voix et des appels du muezzin, le manque évident de vraies mosquées de quartier, l’atmosphère familière des souks de victuaille, le silence qui remplace le brouhaha émanant de rues animées et qui grouillent de monde, les commerces et les cafés ouverts, jusqu’au petit matin.

Toute cette ambiance traditionnelle et ces coutumes, qui ne font pas forcément partie de la sacralite du mois de ramadan. Revêtent pourtant une importance émotionnelle, séculaire, cruciale, pour nous marocains à l’étranger.

Ce sacrifice est d’autant plus grand, quand je vois tous les efforts déployés par nos compatriotes, malgré toutes ces privations, pour donner à cette période ramadanesque toute la signification qu’elle mérite, même à des milliers de kilomètres du Maroc, notre terre d’Islam.

Des salles converties en mosquées, sont pleines de fidèles qui accomplissent les prières et les ‘Ataraouih’, pas de découragement.
Même les imams sont conscients de leur noble mission auprès des fidèles. Ils dirigent adroitement les prières. Un aura de renoncement et de dévotion, les accompagne. Leur ‘Khotba’ s’inspirent du saint coran et de la souna de son prophète Sidna Mohammed le salut et le bénédiction de Dieu soient sur lui. Ils relatent, partagent et expliquent aux fidèles les difficultés et les problèmes quotidiens, qu’ils vivent, arrachés de leur pays. Ils allègent le poids du mal du pays, passent leur message de foi et de tolérance et inculquent aux fidèles le vrai sens du jeûne.
La nuit sacrée ‘Lailat Alkadr’ les mosquées créées et enménagées spécialement, pour l’occasion, dans tous les quartiers de Montréal n’ont pas désemplis. La communauté marocaine a organisé les prières selon les moyens, mis à sa disposition, grâce à des collectes d’argent au près de la communauté elle même, de bienfaiteurs et de différentes associations montréalaises. L’occasion est beaucoup trop importante et la prière et le recueillement sont un devoir indiscutable, pour chaque musulman, durant cette nuit ‘meilleure que mille mois’ليلة القدر خير من ألف شهر’ la nuit ou le coran fut révélé à notre prophète.
Les marocains de Montréal ont pensé presque à tout, pour célébrer cette nuit de prières. Même le ‘shour’ est distribué aux fidèles, afin qu’ils puissent continuer leur prière, sans se soucier des contraintes de la nourriture.
Le seul bémol et l’unique imperfection, est la présence inutiles d’enfants en bas âge, qui accompagnent leur familles ( surtout leurs mères) aux mosquées et qui créent une nuisance qui empêche beaucoup de fidèles de se recueillir et d’écouter les paroles de l’imam.
Les enfants ne sont certes pas interdis d’accès aux mosquées, mais leur présence n’est pas non plus nécessaire. Surtout qu’ils se retrouvent tous avec leurs mamans, qui ne s’avent ou donner de la tête, se concentrer et se recueillir, ou gérer leurs progénitures?
Il serait peut être recommandable de prévoir dans de telles occasions, une salle de jeux destinée aux enfants, avec des bénévoles pour assumer et veiller à leur sécurité et permettre ainsi aux mamans d’accomplir leur prière dans le calme et la sérénité.
Enfin le ramadan à Montréal est aussi authentique et pur qu’en terre d’Islam, car ce qui compte c’est l’intention et la foi inébranlable, dont font preuve nos compatriotes qui le pratiquent régulièrement au pays de la ‘Ghorba’.
La’zakat’ est collectée aussi, avec abnégation et les marocains de Montréal se préparent à fêter Aid Al Fitr dans l’allégresse en gardant toujours un brin de nostalgie pour leur pays, le Maroc.

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Commentaires

2 commentaires sur « Ramadan dans la ‘Ghorba’ »

  1. Fati Chez vous c demain,alors AID MOUBARAK SAID,Ici il est presque22 alors je vais pas tarder a aller au lit,Je te dis a demain bise latifa

  2. Il est temps, je pense de faire un commentaire sur le sujet, car j’ai eu l’occasion de vivre les 2 dernières semaines de ce Ramadan 2013 à Montréal.
    J’ai apprécié l’effort consenti par les canadiens musulmans, particulièrement les marocains, pour organiser les prières dans les mosquées ( j’en ai visité trois), pour célébrer « lailat al kadr » et « Aid Al Fitr ».
    Un grand salut, également, à tous ceux d’entre nos concitoyens qui portent secours à leurs prochains, en recueillant les offrandes, en organisant la répartition des donations et de la nourriture.
    Ici à Montréal, les expatriés nous donnent une bonne leçon de vie.
    Aïd Moubarak Said à tous.

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