Voyage infernal

par Fati's Blog

IMG_7693.JPG

Le 23 septembre 2014 restera gravé dans ma mémoire à jamais. J’ai eu le malheur de prendre le vol de la Royal air Maroc AT 209, Montréal Casablanca. En prenant mon billet sur Internet, je constate que l’heure du départ était 22 h 25, un peu tard, mais toujours faisable. Le doute commence à germer dans mon esprit. Ça n’augure rien de bon, mais c’était trop tard, j’avais déjà pris le billet. Deux jours plus tard je reçois un email, de mon agence de voyages, me disant que l’heure du départ a été repoussée à 23 h 55. Mes appréhensions commencent à grandir . Cinq minutes avant minuit, l’heure de fermeture de l’aéroport Trudeau. Le doute s’installe et je commence à vivre dans ma tête tous les problèmes, vécus par les passagers de Royal air Maroc cet été. Tout ce que j’ai lu comme écrits sur les infractions aux règles les plus élémentaires, de bonne séance, commises par la compagnie nationale envers ses clients. Encore deux jours et je reçois un autre message, un troisième changement, le départ n’est plus à 23 h 55, mais 23 h 30. L’incertitude et le stress commencent à me gagner. Je n’aime pas trop les voyages en avion et encore moins les long-courriers avec Royal air Maroc. J’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur et le jour ‘j’ je me rends à l’aéroport vers 19 h 30, pour éviter toute mauvaise surprise. À l’enregistrement, l’agent de Check In me dit d’un temps anodin, ‘ vous savez, Madame, qu’il y a un retard?’ Perplexe, je réponds ‘ tout à fait le vol est à 23 h 30, on m’a appelée hier à la maison pour me le confirmer.’ Elle me répond sans ciller’ mais non, il s’agit d’un autre retard, l’avion n’arrive qu’à 2 h 30 du matin et vous ne partez qu’à 3 h’. Pendant un moment je la regarde, sans qu’un son ne sorte de ma bouche. J’avais arrêté de réfléchir, Je me trouvais déjà dans la spirale de l’aléatoire. Ce que je redoutais est effectivement arrivé. L’agent d’accueil continue son travail et remplit un ‘voucher’ une sorte de bon d’une valeur de 20 $, qu’elle me tend en précisant que c’est pour manger aux restaurants de l’aéroport dans la zone ‘hors douane’.Je prends le bon et je quitte l’enregistrement.
Le temps de réaliser ce qui arrive et d’accepter cette amère réalité, comme une sorte de fatalité, je vois les restaurants et les fast-foods, fermer, un à un. Je demande ce qui se passe? On me dit que toute l’activité commerciale se termine à 21 h dans cette zone et que si je veux manger, je devais passer la sécurité et entrer vite en zone sous douane, il y a sûrement des restaurants encore ouverts. J’arrive sous douane après les péripéties et les contraintes des procédures de sécurité aéroportuaire. Je m’engouffre dans le premier restaurant que je trouve et là de nouveau le choc. ‘Désolé, Madame mais on ferme’. Ce n’est pas possible, une série noire. Retard sur retard, un bon minable de 20 $, alors que la nourriture est trois fois plus chère à l’aéroport qu’ailleurs. Les restaurants qui ferment à 21 heures, alors que moi je n’embarquais qu’à 3 h 30 du matin. Je bouillonnais de l’intérieur et j’avais faim. Victime d’une arnaque caractérisée, un billet cher, un service médiocre un bon minable est inutile, un retard de cinq heures à encaisser, quoi encore ?
J’ai cru vivre un cauchemar et que l’on s’est payé ma tête d’une manière éhontée et indigne. J’ai regardé les autres passagers surtout les couples avec enfants en bas âge, tout le monde avait les traits tirés, la frustration se lisait sur tous les visages et surtout le sentiment d’impuissance devant une situation hors de notre contrôle. Subir et subir sans réagir. La compagnie nationale nous met à chaque fois devant le fait accompli, sans respect et sans égard aucun. C’est comme les impôts ‘payer et après vous pouvez contestez’.
Un groupe de touristes québécois, prenant le même vol, marmonnaient entre eux des critiques, à l’égard de la ‘RAM, difficiles de ne pas entendre. J’entendais autour de moi ´c’est la première et dernière fois que je voyage avec cette compagnie’ ´ le petit voyage de découverte commence bien’.
L’avion atterris à 2 h 30, dans un aéroport fermé, normalement à minuit, ce qui veut dire que la RAM a du payer terriblement cher l’autorisation d’atterrissage à cette heure de la nuit. Les occupants de la porte A 51, devenaient fébriles les enfants criaient tout le monde voulait embarquer sur le champ dès que l’avion accosta. Les agents handling tentent de contenir la situation, par de nombreuses annonces, demandant aux passagers de patienter encore. Une fois dans l’avion, il était 3h 30, un enfant criait à tue-tête. L’enregistrement des consignes de securité se déclenche, sans que les écrans ne suivent. Une ambiance désordonnée, l’équipage complètement pommé, ne semblait pas maîtriser la situation à bord.Tout cela pour dire qu’avoir une compagnie nationale, dans un pays qui vit en partie du tourisme, implique un engagement et une organisation irréprochable. Notre compagne nationale est encore loin de tout cela. De plus elle ne possède ni la flotte nécessaire, ni le respect des ‘schedules’ et surtout n’a pas le moindre respect pour ses clients qu’elle traite ‘par-dessous la jambe’ leur fait payer le prix fort et leur propose un service digne des compagnies de dernière catégorie. Le manque de professionnalisme. Le manque de respect d’un engagement et d’une responsabilité contractés avec ses clients est devenu son credo et a fait sa réputation le long de cet été. Le comble de l’ironie c’est que j’ouvre la revue de la compagne ( complètement déchirée et sale ) et je lis la Royale gagne le trophée de la meilleure compagnie régionale, c’est sûrement une blague d’un très mauvais goût.
Le bon que je n’ai pas utilisé, je compte le leur renvoyer au siège, avec mes remerciements les plus ‘sincères’ pour ce lynchage caractérisé, quasi régulier que les responsables de cette compagnie nous font subir sans vergogne. La meilleure décision à prendre c’est d’éviter le plus possible d’emprunter la compagnie nationale. C’est un triste constat, mais il y va de notre bourse et de notre santé.