Un brin d’angoisse

photos-canon-avril-2012-4861.jpgle ressenti comment le décrire? Les mots se font rares une fois qu’on essaye de les exprimer. Ils disparaissent comme par enchantement, alors on balbutie, les lèvres tremblent comme cherchant à attraper le mot au vol. Elles s’ouvrent et se referment sans qu’un son n’en sorte. Pourtant à l’intérieur une houle prend forme, un orage frappe, une tempête se déferle. Les mots sont inutiles, car ils ne racontent pas toute la vérité. Ils sont mesurés, pesés, ils passent au détergent qui leur enlève leur couleur leur profondeur voir même leur sens..

L’angoisse continue alors à secouer l’intérieur, peser de tout son poids sur un cœur qui ne sait comment partir. Il crie dans le vide, il tombe, il se relève. L’emprise est trop forte, il ne peut la secouer d’un revers de mains, s’en défaire en échapper. Plus il essaye plus, elle le broie.

L’envie de crier de hurler le tenaille, mais comment? On le croira fou, mais la folie est parfois salvatrice. Ce cœur qui prend du volume, il devient gros comme une vague noire prête à balayer tout sur son passage, prêt à sortir du thorax tellement sa place ne le retient plus.

Alors vient encore l’idée des mots, toujours les mots qui n’apportent qu’amertume, frustration et désespoir. Mais il paraît qu’il faut quand même les prononcer, pour s’entendre les dire, pour qu’ils deviennent réalité palpable.

les contenir fait augmenter l’anxiété, les dire fait des ravages. Je veux que les mots perdent leur sens. Je veux que le silence et les regards les remplacent.

Le calme, la quiétude de vains mots qui remplissent le dictionnaire de notre esprit et de notre cœur.

C’est à l’intérieur qu’il faut chercher, l’extérieur n’est qu’un reflet de ce que nous en faisons. Mes mains sont tendues vers ce ‘soit’ qui m’échappe, il est flou, invisible, il me glisse entre les doigts. Un soit peut-il être si inaccessible? Fatiguée de le chercher sans relâche, il résiste et s’éloigne, devient petit, minuscule. Je le cherche dans le fouilli de l’extérieur comme une épingle dans une botte  de foin. Une fois de plus c’est le cœur qui s’emballe et exige des réponses. L’esprit est obnubilé par la triste réalité et se noie dans le torrent interminable des mensonges et d’un tumulte d’idées factices. Ou est la vérité ???

Guérir l’angoisse ou l’apprivoiser, on ne peut prétendre à la guérison mais on peut espérer la cohabitation pacifique. Jusqu’à ce que tout l’univers s’efface et devient un songe d’une nuit éclairée par des étoiles… fugaces.

 

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