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    Mon insupportable sens moral !

    J’ai eu peu d’amis dans ma vie. Dans ma jeunesse, je voyais mes sœurs s’amuser avec leurs amies, rendre visite à leurs amies, être invitées par leurs amies. Jamais à aucun moment je n’ai senti le besoin d’en avoir aussi. Je voyais l’amitié, comme une relation sacrée, qui n’admet pas de trahison ni de déception. La confiance était et est toujours le pilier de toute relation, amicale ou conjugale. Je vois aussi la confiance comme un deuxième soi. Lorsqu’on est avec un ami ou une amie, on est avec un autre soi. Je plaçais la barre trop haute, même l’âge n’a pas changé cette attitude. Je continue à considérer l’amitié comme un pacte que seule la mort peut briser.

    J’ai pourtant souffert devant la réalité, souvent amère. J’ai compris à un moment de ma vie, que mon refus des amitiés est dû à mes attentes muettes. À mes croyances naïves, ma façon presque candide d’aborder la réalité. L’exemple vient de moi toujours et de la manière sincère et altruiste de traiter autrui. Je pensais que les autres aussi sont comme moi, voient les relations avec la même crédulité.

    Personne ne peut me vouloir du mal, car je ne veux le mal à personne, je suis honnête, sincère et authentique et les autres aussi le sont. C’est ce que j’ai appris, c’est ce que j’ai vécu dans le foyer où j’ai grandi. Mon père me disait toujours sois honnête, aime ton prochain et crois en la miséricorde de Dieu tout puissant. Soi humble, ne ment pas, ne triche pas. Ce sont là mes repères, c’est ce qu’on m’a inculqué.

    Mes parents ne m’ont néanmoins pas spécifié, que l’éducation qu’ils me donnaient était une chose et la réalité en est une autre. Ils ne m’ont pas préparée au cycle infernal de la vie, aux déceptions continues, aux déboires que j’ai rencontrés sur mon chemin, à force de croire dure comme fer, que ‘tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil’.

    Je savais jouer qu’une seule carte, celle de la droiture. Je continue non moins et je crois que je ne cesserais jamais, malgré les évènements fâcheux, que j’ai affrontés dans ma vie. Malgré tout ça, je persiste à ne voir que le bien chez les autres et même quand je suis déçue, je considère cette déception, comme une leçon de vie, je suis déterminée à ne voir que le bien chez les autres.

    Milan Kundera a écrit en 1982 un livre qu’il a intitulé ‘L’insoutenable légèreté de l’être’, une odyssée sur le comportement des hommes et des femmes, la dualité de l’âme et du corps, les besoins du corps et les incertitudes de l’âme. Comment ces deux aspects cohabitent. dans une même personne, et lui procurent une certaine unité.

    Ce roman psychologique, philosophique décrit un certain comportement, une certaine attitude chez certains humains. Comment réagissent, ces derniers par rapport aux évènements, qu’ils rencontrent sur leur chemin. Comment utilisent-ils les circonstances et les situations à leur avantage. Parfois ils savent qu’ils sont en route vers l’enfer et continuent sans jamais poser les pieds sur terre.
    À partir de là je vois l’authenticité comme le seul rédempteur. Elle m’interpelle chaque fois, que Dieu la met sur ma route.

    Rester authentique, fidèle à ses valeurs est la seule voie vers l’accomplissement, c’est un sentier ardu, plein de crevasses et de pièges, à fortiori dans le monde où nous vivons. Un monde superficiel et léger, ou le corps prend le dessus sur l’âme.

    D’ailleurs je ne suis guère étonnée de voir, une multitude de gens chercher  leur âme perdue à travers la neuroscience, l’hypnose, les différentes spiritualités, qui font actuellement la Une des médias sociaux.

    L’homme est perdu dans un labyrinthe, de mensonges, de désinformation, d’imposture et de fiction. Il s’est éloigné, bon gré mal gré de la vérité, de l’authenticité et de l’évidence.

    Ce monde-là je le refuse, la légèreté de l’être m’incommode et me met mal à l’aise. Je ne nage pas dans des eaux troubles, même si elles rafraichissent le corps, pour la bonne raison qu’elles peuvent aussi souiller l’âme.

    Je reste donc fidèle à ma voie difficile, mais sans artifice. Quand je parle, je chante, je prie, c’est avec mon âme, mon corps n’est qu’un accessoire, un récipient de mon âme, sans elle il n’existerait plus.

    Que mes semblables me comprennent, me dédaignent, me fuient où ils me cherchent, ne changent rien au fait qu’ils n’auront jamais de moi que le meilleur. Si ma bonne foi, ma netteté les dérange, les fait s’esquiver. Je peux m’en remettre facilement, car je sais que c’est juste une  leçon de vie, que je classe à nouveau dans mon répertoire immuable..

     

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