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    J’ai senti venir ce moment où l’eau se raréfiera. J’ai essayé d’attirer l’attention à maintes reprises, de mon entourage sur le danger du manque d’eau dans notre pays. À la maison, je rappelle à tout  le monde que nous sommes menacés d’un stress hydrique imminent. C’est comme une épée de Damoclès, qui menace de s’abattre sur nos têtes dures comme la pierre. Personne n’écoute, personne ne comprend, personne ne réalise la gravité de la situation. Nous vivons dans un pays semi-aride. La pluie  est de moins en moins régulière. Chaque année, en automne, nous attendons la pluie, nous l’appelons de nos vœux et nous déprimons, lorsqu’elle n’arrive pas à la bonne période et en quantité suffisante. Chaque fois qu’elle tombe dans une région, nous en faisons un évènement que nous diffusons à la télévision. Or nous oublions de diffuser aussi le danger du gaspillage et du manque d’eau. Nous n’éduquons pas les gens à moyen et long terme. Nous lançons des compagnes, lorsque c’est presque trop tard. Prévoir est la meilleure politique, essayer de guérir est déjà trop tard.   

    Certes, le Maroc a entamé une stratégie de dessalement d’eau de mer, mais j’estime qu’on a trop attendu avant de commencer cette aventure. Notre agriculture devrait aussi subir des changements et être rationalisée, on ne peut permettre que cette dernière consomme les trois quarts de notre eau potable.

    Certaines politiques devraient être repensées et beaucoup de mentalités doivent changer, dans plusieurs domaines, mais surtout en matière hydrique    Nous avons connu de longues périodes de sècheresse, dans les années quatre-vingt. Nous n’en avons tiré aucune leçon.  Nous continuons dans notre aveuglement à gaspiller ce trésor vital. 

    L’ignorance, le manque de conscience collective, l’indifférence générale gangrènent notre société, à tous les niveaux. Les gens prennent toutes les richesses naturelles, pour de l’acquis. Les arbres sont méprisés et abattus, les espaces verts sont rares. Nos forêts brulent, elles partent en fumée et nul ne semble être conscient de ces catastrophes, qui menacent notre existence. On regarde toutes ces choses comme des accessoires, remplaçables, comme des produits de pure consommation. Pourtant nous ne cessons de voir des images de pays vivant la grande famine et la grande sècheresse et on pense ‘ça n’arrive qu’aux autres’. Nous ne sommes pas concernés, alors que la terre où nous vivons est une seule planète, qui subit nos négligences, nos effractions, nos excès et toutes les pollutions que nous engendrons par notre mode de vie narcissique et ingrat.

    Quand je dis au jardinier de ne pas trop arroser le gazon, il est choqué. ‘Mais il va sécher, répond-il’.  Il ne se rend pas compte que s’il n’y a plus d’eau nous nous assécherons tous et nous mourrons tous de soif. Dans la cuisine, le robinet est ouvert et l’eau coule sans arrêt, pour laver des ustensiles, qui ne valent rien, ou pour nettoyer un carrelage. Nous adorons le son de l’eau qui coule, à outrance, et nous oublions que l’eau c’est la vie et sans eau la terre entière avec toutes ses composantes humaines, végétales et animales cessera d’exister.

     

          

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