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    Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire et de décrire mon expérience avec le service des Mines Casablanca Nord. Je ne vous cache pas que chaque fois, que je doive régler un problème administratif  ou renouveler un document auprès de nos différentes administrations, l’angoisse me prend au ventre. C’est un vrai chemin de croix. Je cherche mille excuses pour reporter ma démarche, or  je n’ai pas toujours le choix.  Il ne me qu’à vaincre mon angoisse m’armer de beaucoup de courage et de détermination.

    le service des Mines Casablanca

    D’année en année, je constate que tous les efforts entrepris pour améliorer les prestations de nos administrations sont confrontés à une résistance coriace. Le facteur humain reste toujours au centre de cette difficulté. L’humain qui reste attaché à certaines méthodes anachroniques et dépassées, à une mentalité ‘de profit personnel’, une carence d’une culture citoyenne.

    Le citoyen est une vache à traire et il faut faire en sorte qu’il paye à tous les coups, en amont et en aval. Faire toujours croire au citoyen, qu’il bénéficie d’une faveur et non pas d’un droit constitutionnel.

    Cela dit, je ne prétends nullement que le citoyen est un exemple de droiture et d’honnêteté. Le citoyen contribue malheureusement, consciemment ou inconsciemment à la prolifération et au maintien de cette mentalité entachée de cupide et de  ‘tabsnis’. 

    Par pur hasard, j’apprends dernièrement que la carte grise doit être aussi renouvelée au bout d’un certain temps, exactement comme le permis, la CIN etc.

    J’ai donc consulté le site de la NARSA pour savoir comment procéder. J’ai préparé les documents nécessaires, pris rendez-vous, comme indiqué. Je suis partie lundi matin au service des Mines Casablanca Nord.

    J’arrive là-bas, il y avait deux files d’attente. Il y avait aussi ceux qui ne se croient pas concernés par les files d’attente et qui veulent passer avant tout le monde. Trois jeunes agents de sécurité examinent le passe sanitaire et sont aussi censés orienter les gens. Ces jeunes qui font le contrôle, portent des chemises, qui devaient à l’origine être blanches et qui n’ont gardé de la blancheur qu’un crasseux souvenir. Ces jeunes ‘agents de sécurité’ mal fagotés à la tenue souillée font la loi dehors. 

    Je rejoins une file d’attente et j’attends patiemment mon tour pour entrer au sein de cette administration. Pendant que j’attendais une dame arrive (elle était bien habillée) elle essaye d’entrer de force, le jeune agent l’en empêche et lui demande d’attendre son tour, lui indiquant la file. Elle me regarde, car j’étais en tète de file.  Je lui explique que la rangée commence derrière. Elle me sourit, me répond ‘la file commence derrière ? Ah! OK’ et reste plantée là devant moi.

    Lorsqu’enfin mon tour arrive, elle a voulu me devancer et derrière moi des voix s’élèvent ‘la file, la file !!!!’ Finalement elle abandonne sa tentative désespérée, se voyant huer par toute une foule de gens énervés et impatientés. 

    Enfin j’entre dans le bâtiment, une luminosité vacillante. Une salle d’un aspect désuet, délabré, qui n’inspire pas confiance. Je reprends la file devant le guichetier, lorsque mon tour arrive. Je lui remets les papiers, il les regarde trois secondes et me le rejette ‘3ammar, 3ammar. ’ me dit-il d’un ton à la fois catégorique et réfractaire. Je reprends mes papiers, je remplis le côté véhicule et je reviens les lui remettre. ‘De nouveau, il me les jette à la figure en marmonnant des mots incompréhensibles et inaudibles . Je commence à perdre patience. J’insiste, lui montrant le reçu de paiement dans mon téléphone, car ne somme nous pas en  pleine ère de digitalisation et de zéro papier ? Un Monsieur voyant ma détresse me dit ‘ allez faire imprimer votre papier chez le Monsieur sous le parasol qui se trouve au coin de la rue’. 

    Nous voilà revenus au moyen âge, le Maroc qui a digitalisé, avec brio,  toute l’opération vaccinale, qui a réussi une telle performance, ce Maroc-là ne peut toujours pas se passer de paperasse. Le Maroc à plusieurs vitesses continue à sévir, dans nos administrations.

    Ce service des mines aux méthodes d’un autre temps exige encore des formalités et du scribouillage, digne d’une gestion tatillonne.  Le document digital n’est pas encore assimilé. On va jusqu’à créer une petite imprimerie ambulante et on met un individu sous un parasol, chargé d’expliquer aux gens la procédure, et leur imprimer les documents requis.

    Pourquoi la NARSA crée-t-elle un site web, pour orienter le citoyen ? Si ce site n’est pas complet, n’est pas clair, n’est pas exhaustif. Pourquoi prétendons-nous automatiser et digitaliser les  procédures ? Si on maintient des lacunes et on continue à réclamer une copie certifiée conforme d’une CIN ultra pointue et de haute technologie.

    N’ayant pas le choix que de me présenter devant le Monsieur au parasol. Je m’incline et je lui demande de m’imprimer le papier en question, je le paye, car les quatre cent vingt dirhams que j’ai déjà déboursés, ne sont pas suffisants. Je dois aussi m’acquitter d’un service supplémentaire. Un genre de petit job informel, qui s’ajoute à une série d’autres travaux, sans caractère officiel, que l’état s’amuse à créer pour couvrir son déficit social.   

    Je retourne au bâtiment lugubre du service des mines. Encore une file d’attente devant le seul guichetier qui s’occupe du renouvellement de la carte grise, et qui déserte son poste comme ça   lui chante.

    Un Monsieur, amorphe, indolent et empâté, qui de surcroît n’arrête pas de bayer d’ennui. Je lui remets les papiers agrafés par le Monsieur du parasol, il les prend retire une partie du carton gris dûment rempli, met un cachet dessus et me le remet. 

    Voilà toute l’opération, c’est tout ce que cet agent fait, il met le cachet sur le carton, ou plus exactement la carte grise provisoire.

    J’ai tenu à partager avec vous cette galère, afin que vous soyez préparés et que vous sachiez que non seulement vous payer le prix fort pour renouveler la carte grise,  mais que vous devez subir toutes ces contraintes et payer en plus les services du Monsieur au Parasol.

     

     

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