L’Amour comme voie d’accès à la réalisation du divin en soi

par Fati's Blog

L’Amour comme voie d’accès à la réalisation du divin en soi

Le musulman mystique adopte la voie de l’Amour de Dieu pour accéder à la connaissance de Dieu. Pour lui, cette élévation vers le divin est possible ici-bas, dans l’existence même. Et c’est pourquoi il fait le choix de se vouer entièrement à cette expérience qui doit le mener jusqu’à la Vérité.

Pour atteindre cette Vérité, au cœur des hauteurs de la conscience, le néophyte soufi emprunte une voie initiatique, laTariqa, qui l’amène à découvrir en lui les prémisses d’un état extatique. C’est là le début du cheminement de l’émancipation de ses propres limites et le germe d’une perception claire des  forces potentielles enfouies dans son être.  Les écrits soufis témoignent alors que l’âme de l’amant mystique, abandonnant derrière elle l’éphémère, s’élève vers le Sublime, et lui laisse voir l’Impénétrable.

« Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu. »

Le livre de Chams de Tabriz de Djalâl Ad-Dîn Rûmî, poète mystique persan (1207-1273)

Le moyen privilégié du soufi pour cheminer vers ce point de conscience est le rite du Dhikr, cette pratique de récitation répétitive, litanique, des noms divins ou de formules tirées du Coran qui le place dans un état de contemplation de Dieu, au travers le maintien d’une pensée constante et méditative sur Dieu. Ainsi l’esprit du postulant, submergé dans l’océan de la contemplation, est absorbé par l’Esprit Divin. C’est l’accession à un état d’abstraction, appelé en arabe Istighraq, d’où s’accorde enfin la vue de la beauté de l’existence de l’Un et se ressent la douce ivresse spirituelle, appelé en arabe Sekar.

« Voilà ce qui est exigé d’un Fidèle d’amour que Dieu mène en ce monde par les degrés de l’amour humain à l’ascension de l’amour divin ; parce que dans le jardin de l’amour, il ne s’agit que d’un seul et même amour, et parce que c’est dans le livre de l’amour humain qu’il faut apprendre à lire la règle de l’amour divin »

Chant de Rûzbehân Baqlî Shîrâzî (1128-1209), figure mystique soufi, poète