L’enfance volée

par Fati's Blog

IMG_3009Un abus parmi tant d’autres que connaît notre pays est le travail des enfants.  Cette atteinte aux droits de l’enfance  et son exploitation est une illégitimité constitutionnelle, dès lors que la loi qui interdit l’emploi des mineurs existe bel et bien.  Cependant,  qui respecte vraiment  les lois chez nous? Surtout si cette dernière reste figée et jamais mise sérieusement, voir drastiquement en application.

Nous assistons impuissants à des violations de la loi en matière d’emploi de jeunes enfants.  Voir un enfant en âge d’aller à l’école, à jouer avec ses petits copains, travailler comme un adulte et obéir aux ordres d’un patron âpre au gain, interpelle notre conscience de citoyen et notre sens de l’éthique.

Je prends  l’exemple des grandes épiceries qui se trouvent au quartier Maarif,  la plupart emploient de jeunes enfants entre 10 et 15 ans. Ces derniers sont chargés de servir le client de ranger les marchandises. Ils font toute la sale besogne, sans se plaindre.

Le patron, se tient derrière sa caisse et reçoit son argent, sur lequel  je doute fort qu’il paye les redevances dues. Même ses employés il les recrute, enfants dans son patelin d’origine et leur donne des miettes, qu’il envoie directement à leurs ‘géniteurs’. Au fait, ses enfants sont exploités en amont et en aval. Leurs parents les envoient tout petits vers l’inconnu.  Leur patron les asservit, la société ne s’en préoccupe pas. L’état n’est même pas conscient de leur existence. Un cercle vicieux qui se referme sur ses petits êtres malheureux, dont la seule faute, est d’être nés dans un monde qui les occulte. Un monde qu’il les ignore,  qui les dépouille, dés le début de toutes leurs chances de se faire une petite place au soleil, comme leurs semblables.

J’ai eu l’audace de poser à un des gamins qui travaillent dans une de ces épiceries une question ‘normale’, je lui ai demandé  ‘s’il allait à l’école’, je l’ai désarçonné, par ma question, car il n’a pas su quoi répondre. Il a tout de suite jeté un regard peureux  à son patron, qui à son tour me fusilla du regard.

J’ai donc compris, que le gamin est analphabète, il travaille et vit dans le magasin. Même ses vêtements sont dans un piteux état, ce petit garçon ne se sent même pas concerné par la scolarité. Il est déjà responsable de toute une famille, quelque part dans l’arrière-pays. Ses frêles épaules portent les caisses de marchandises et portent aussi tout le poids du déracinement et du rêve inachevé, d’une enfance qu’il ne connaîtra jamais.