Casablanca, plage Lalla Meriem

par Fati's Blog

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Le hasard a voulu que je me trouve cet après-midi au Mc Donald d’Ain Diab (le premier Mc Do du Maroc) par pour me restaurer, mais juste pour admirer la vue de notre merveilleux océan atlantique.
La belle plage ‘Lalla Meriem’ qui porte le nom  de la princesse, depuis des décennies et qui avait connu de jours meilleurs, elle abrite aussi une des colonies de vacances, les plus anciennes de Casablanca.
Une plage merveilleuse à proximité du nouveau complexe huppé ‘Anfaplace’ fraîchement inauguré. J’ai eu un serrement de cœur, à sa vue. Des détritus jetés sur le sable, des saletés et des bouteilles de plastique vides, y ont élu domicile.
La corniche qui surplombe la plage est entièrement détruite, il n’en reste plus que des vestiges, d’une grande désolation. Toute cette beauté, ce magnifique don du ciel, enlaidis par le comportement impudent de l’être humain vis a vis de la nature, vis à vis de tout ce qui est patrimoine et lieux publics en général.

Je me suis rappelée de la Mu’allaqä (Une poésie) d’Immrou’l Qays, le poète arabe de l’époque préislamique, qu’il récita devant les ruines de la demeure de sa bien-aimée: ‘arrêtons,et laisser moi pleurer en souvenir d’une aimée et d’une maison au déclin d’un tournant entre rochers et la dune’. Je n’ai pas le don de ce grand poète, pour décrire le chagrin qu’il éprouva devant les ruines d’un endroit cher à son coeur. Mais, mes sentiments épousent les siens, car j’ai ressenti une grande mélancolie et un sentiment d’abandon devant ce gâchis. Une plage sublime enlaidie, profanée par la désinvolture et la sauvagerie humaine.
On a édifié un centre résidentiel et commercial à coup de milliards et on a négligé ce rivage à sa proximité. La saleté et la pollution cohabitent avec le  luxe fastueux: c’est incongru! J’ose supposer que ceux qui ont acquis une résidence dans ce domaine maritime, qui n’a pas de prix, sont financièrement capables d’aider à l’amélioration et l’embellissement de leur environnement immédiat. Ils pourraient contribuer au réaménagement de cette rive, en y instaurant un service de ramassage d’ordure et en construisant une nouvelle corniche. Le Mc Donald aussi pourrait participer activement au maintien de la propreté et la salubrité de ce domaine dont il tire un profit non négligeable.

C’est ce genre de comportement citoyen, qui fait défaut, car si tout un chacun prenait un peu plus au sérieux sa responsabilité civique, Casablanca sortirait de l’impasse.