Ceuta est Sebta et elle marocaine

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    Les grandes crises révèlent toujours la véritable nature des États et des sociétés. C’est durant ces moments que les masques tombent, que les discours s’effacent devant l’épreuve des faits et que les positions réelles se dévoilent, loin de la langue de bois diplomatique et des discours édulcorés. C’est exactement ce qu’ont fait les récents événements de Sebta : ils ont levé le voile sur un autre visage de l’Espagne, longtemps resté dissimulé derrière les slogans de démocratie, de droits de l’homme et de valeurs d’ouverture dont se gargarise l’Occident, avant d’éclater au grand jour dès le premier test réel imposé par une vague de traversées sans précédent.

    ​La crise de la ville occupée de Sebta a révélé qu’une part importante de l’élite politique et médiatique espagnole, ainsi qu’une frange de l’opinion publique, continue de regarder tout ce qui vient du Sud avec méfiance et hostilité. Le discours sur les droits de l’homme devient sélectif lorsqu’il s’agit d’un migrant africain ou maghrébin en quête d’une nouvelle chance dans la vie, tandis que l’accueil reste garanti pour le touriste, l’investisseur et quiconque apporte de l’argent — comme si la valeur d’un être humain se mesurait désormais à ce qu’il possède et non à son humanité.

    ​Cela ne s’est pas limité aux déclarations politiques ou aux articles de presse émanant de la droite espagnole ; cela s’est également traduit par des vidéos et des témoignages sur le terrain montrant des migrants victimes de violences, que ce soit lors des traques ou durant leur prise en charge à leur arrivée à Sebta. Des images ont montré des groupes de civils traquant ou encerclant des migrants dans un climat saturé de haine, tandis qu’une partie des médias s’efforçait de justifier cette tendance raciste ou de la présenter comme une réaction naturelle aux flux migratoires, oubliant qu’un État démocratique se juge à sa manière de gérer les crises, non à sa capacité à brandir des slogans.

    ​C’est une honte pour l’Espagne, qui se présente comme l’une des démocraties européennes, de tolérer que des groupes racistes arpentent les rues et les plages de Sebta pour traquer et agresser des migrants, ou de faire preuve de laxisme face à de telles pratiques, transformant une question humaine complexe en prétexte pour propager la haine, l’incitation à la violence et la division entre les peuples. L’immigration irrégulière n’est pas un phénomène propre au Maroc et à l’Espagne ; c’est un défi mondial qui s’étend des frontières américaines jusqu’à la Manche, et l’on n’a vu dans aucune de ces crises d’appels publics à traquer les migrants dans les rues ou à les transformer en cibles de la haine.

    ​Parmi les aspects les plus sombres du paysage espagnol figurent également ces enregistrements vidéo montrant des membres de la Guardia Civil exhibant des poignards et des couteaux qu’ils affirmaient avoir saisis sur des migrants. Cette mise en scène semblait vouloir ancrer le stéréotype du migrant perçu comme un criminel en puissance. Une image entretenue ces derniers jours par des discours politiques et médiatiques qui n’ont pas hésité à employer des termes tels qu’« invasion », « menace » ou « guerre hybride », comme si l’Espagne faisait face à une armée régulière et non à des jeunes épuisés par la guerre, la pauvreté et le désespoir. Une question s’impose alors : la Guardia Civil espagnole a-t-elle cru revoir à travers ces visages adolescents les figures de Tariq ibn Ziyad et Moussa ibn Nossaïr, ou le complexe de l’Histoire hante-t-il encore certains esprits dès qu’il s’agit du Maroc ?

    ​Les vidéos en provenance de Sebta n’ont pas seulement montré des migrants tentant de franchir la frontière ; elles ont aussi mis à nu la violence alimentée par la rhétorique de la droite espagnole et démasqué la montée d’une fibre raciste au sein de certains cercles politiques et médiatiques. Cette tendance n’enrobe plus son hostilité envers le Maroc et ne hésite plus à présenter les Marocains comme une menace permanente, ignorant que la relation entre les deux pays repose depuis des années sur la coopération et le partenariat dans des dossiers extrêmement sensibles, au premier rang desquels la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et l’immigration irrégulière.

    ​Dans ce contexte émerge le nom du journaliste « Ignacio Cembrero » (cité sous le nom d’« Abdelhaq Sambrero »), qui a fait du Maroc le sujet récurrent de ses écrits, le dépeignant comme l’« épouvantail » qui guette l’Espagne, plutôt que comme le partenaire ayant contribué à la sécurité du sud de la Méditerranée. L’homme n’a d’ailleurs pas hésité, à plusieurs reprises, à remettre en cause la coopération sécuritaire pourtant efficace pour déjouer des projets terroristes et démanteler des réseaux criminels — comme si le succès de cette coopération ne cadrait pas avec son récit visant à dépeindre le Maroc comme un adversaire permanent.

    ​De telles voix, tout comme les populistes de la droite espagnole, ne servent pas les véritables intérêts de l’Espagne ; elles minent sa sécurité et celle de toute la région. Il est facile de fabriquer un ennemi extérieur pour masquer des échecs internes, comme il est facile d’instrumentaliser le dossier migratoire à des fins électorales. Cependant, les faits ont prouvé, maintes fois, que la sécurité de l’Espagne commence par la coopération avec le Maroc, et que la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, les réseaux de traite d’êtres humains et l’immigration irrégulière ne s’obtient pas par l’affrontement, mais par le partenariat et la confiance mutuelle.

    ​La crise de Sebta a révélé que certains cercles de la droite politique et médiatique espagnole restent prisonniers d’une mentalité qui convoque l’Histoire dès qu’il s’agit du Maroc et cherche un ennemi extérieur chaque fois que le pays traverse une crise interne. Une mentalité qui peut rapporter des gains électoraux éphémères, mais qui ne bâtit ni une politique étrangère équilibrée, ni une sécurité durable, ni des relations de bon voisinage fondées sur le respect mutuel et des intérêts partagés.

    ​C’est un message que l’élite politique et médiatique espagnole doit intégrer : tout État a le droit de protéger ses frontières et d’encadrer sa politique migratoire, mais nul n’a le droit de faire du migrant une cible de haine, de faire du Maroc le bouc émissaire de ses propres échecs, ou de reproduire un discours raciste dépassé par le temps. La sécurité de la Méditerranée occidentale ne se construit pas sur le populisme, l’incitation ou la fabrication d’ennemis, mais sur une coopération sincère entre deux voisins, conscients que la géographie est plus forte que les discours de haine et que l’avenir ne s’écrit pas par des voix extrémistes, mais par des intérêts communs.

    Traduction de l’arabe d’un article de Hespress du 3 Août 2026 

    La version espagnole 

    ​Las grandes crisis siempre revelan la verdadera naturaleza de los Estados y las sociedades: durante ellas caen las máscaras, los discursos se desvanecen ante la prueba práctica y las posturas se muestran tal como son, lejos del lenguaje diplomático y los discursos floridos. Esto es exactamente lo que hicieron los recientes acontecimientos de Ceuta: desenmascararon otra cara de España que permaneció ocultándose durante muchos años tras lemas de democracia, derechos humanos y valores de apertura que tanto abandera Occidente, antes de salir a la luz en el primer test real impuesto por una ola de cruces sin precedentes de migrantes.

    ​La crisis de Ceuta reveló que una parte importante de la élite política y mediática española, junto con un sector de la opinión pública, sigue mirando todo lo que viene del Sur con suspicacia y hostilidad. El discurso sobre los derechos humanos se vuelve selectivo cuando se trata de un migrante africano o magrebí que busca una nueva oportunidad de vida, mientras que la bienvenida se mantiene intacta para el turista, el inversor y cualquiera que lleve dinero —como si el valor del ser humano se midiera ahora por lo que posee y no por su humanidad.

    ​El asunto no se limitó a declaraciones políticas o artículos periodísticos atribuidos a la derecha española, sino que también se materializó en vídeos y testimonios sobre el terreno que mostraron a migrantes sufriendo violencia, tanto durante las persecuciones como en el trato recibido tras su llegada a Ceuta. Se difundieron imágenes de grupos de civiles persiguiendo o acorralando a migrantes en un ambiente cargado de odio, mientras una parte de los medios continuaba justificando esta tendencia racista o presentándola como una reacción natural ante los flujos migratorios, olvidando que un Estado democrático se mide por la forma en que gestiona las crisis, no por su capacidad para lanzar lemas.

    ​Es una vergüenza para España, que se presenta como una de las democracias europeas, permitir que grupos racistas recorran las calles y playas de Ceuta para cazar y agredir a migrantes, o tolerar semejantes prácticas, mientras un asunto humano complejo se convierte en un pretexto para sembrar el odio, la incitación y la división entre los pueblos. La migración irregular no es un fenómeno exclusivo de Marruecos y España, sino un desafío global que se extiende desde la frontera estadounidense hasta el Canal de la Mancha, y en ninguna de esas crisis hemos visto llamamientos públicos a perseguir a los migrantes en las calles o a convertirlos en blanco del odio.

    ​Entre los aspectos más desoladores del panorama español figuran también las grabaciones de vídeo que muestran a miembros de la Guardia Civil exhibiendo navajas y cuchillos que afirmaban haber incautado a migrantes, en una escena que parecía proyectada para afianzar el estereotipo del migrante como un proyecto de violencia y delincuencia. Esta imagen fue alimentada en los últimos días por discursos políticos y mediáticos que no dudaron en emplear términos como « invasión », « amenaza » y « guerra híbrida », hasta hacer parecer que España se enfrentaba a un ejército regular y no a jóvenes agotados por las guerras, la pobreza y la desesperación. Ante esto surge la pregunta: ¿acaso la Guardia Civil española creyó ver en los rostros de esos jóvenes la figura de Tariq ibn Ziyad y Musa ibn Nusayr, o es que el complejo de la Historia sigue persiguiendo a ciertas mentes cada vez que se trata de Marruecos?

    ​Los vídeos procedentes de Ceuta no solo mostraron imágenes de migrantes intentando cruzar la frontera, sino que también revelaron parte de la violencia alimentada por los discursos de la derecha española y desnudaron el auge de una corriente racista en ciertos sectores políticos y mediáticos. Esta corriente ya no oculta su hostilidad hacia Marruecos ni duda en presentar a los marroquíes como una amenaza permanente, ignorando que la relación entre ambos países se ha basado, durante años, en la cooperación y la asociación en expedientes de extrema sensibilidad, encabezados por la lucha contra el terrorismo, la delincuencia organizada y la migración irregular.

    ​En este contexto destaca el nombre del periodista « Ignacio Cembrero » (mencionado como « Abdelhaq Sambrero »), quien ha hecho de Marruecos un tema constante en sus escritos, presentándolo como el « coco » que acecha a España y no como el socio que ha contribuido a proteger la seguridad del sur del Mediterráneo. De hecho, no ha dudado en varias ocasiones en poner en duda los propios expedientes de cooperación policial y de seguridad que han demostrado su eficacia para frustrar planes terroristas y desarticular redes criminales, como si el éxito de esta cooperación no encajara con la narrativa que promueve, basada en retratar a Marruecos como un rival permanente de España.

    ​Tales voces, junto con los populistas de la derecha española, no sirven a los verdaderos intereses de España, sino que socavan su seguridad y la de toda la región. Es fácil fabricar un enemigo externo para ocultar los fracasos internos, y también es fácil instrumentalizar el expediente migratorio para captar votos. Sin embargo, los hechos han demostrado, una y otra vez, que la seguridad de España empieza por la cooperación con Marruecos, y que enfrentar el terrorismo, el crimen organizado, las redes de tráfico de personas y la migración irregular no se logra desde la confrontación, sino desde la asociación y la confianza mutua.

    ​La crisis de Ceuta ha puesto de manifiesto que ciertos círculos de la derecha política y mediática en España siguen siendo prisioneros de una mentalidad que evoca la Historia cada vez que se trata de Marruecos y busca un enemigo exterior cada vez que el país enfrenta una crisis interna. Es una mentalidad que puede reportar réditos electorales pasajeros, pero no construye una política exterior equilibrada, ni crea una seguridad duradera, ni sienta las bases para unas relaciones de buena vecindad basadas en el respeto mutuo y los intereses compartidos.

    ​Este es un mensaje que la élite política y mediática de España debe comprender: cualquier Estado tiene derecho a proteger sus fronteras y regular sus políticas migratorias, pero nadie tiene derecho a convertir al migrante en blanco del odio, ni a utilizar a Marruecos como chivo expiatorio de sus propios fracasos, ni a reproducir un discurso racista superado por el tiempo. La seguridad del Mediterráneo occidental no se construye con populismo, incitación ni fabricación de enemigos, sino con una cooperación sincera entre dos vecinos, reconociendo que la geografía es más fuerte que los discursos de odio y que el futuro no lo construyen las voces extremistas, sino los 

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