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    La misère, est-elle moins pénible au soleil ?

    De retour au Maroc, je me suis questionnée sur le sens de la vie, sur la raison qui nous pousse à vouloir migrer et quitter notre pays natal pour un autre. Je l’ai  fait en 1990, j’ai démissionné de mon travail et je suis partie à Montréal fuyant le quotidien au Maroc. Le non respect de la femme et les peurs existentielles, que ce manque d’égard engendre.

    Au Canada je me suis sentie revivre, je me suis sentie libre, l’esprit de liberté qui y règne m’a séduite et je n’ai guère pensé au climat rude de l’hiver. 
    Arrivée à Montreal j’ai fait face à une grande récession, un manque de travail chronique. Le poste que je devais intégrer fut supprimé à cause de la crise économique que connaissait le monde en 1990 (la 1ere guerre du Golf ). 
    Plus tard, je me suis mise à mon compte, j’ai aussi travaillé dans des bureaux de traduction, car cette dernière est secteur très actif au Canada en général.  J’ai obtenu la citoyenneté canadienne en 1994. 
    Je suis retournée au Maroc, car ma défunte mère me réclamait et voulait que je sois à ses côtés. J’ai accepté un poste au sein des aéroports du Maroc en 1996. J’y suis restée neuf ans (9 ans) et j’ai fini par quitter l’ambiance et l’environnement malsain et toxique de ce boulot. Ce n’est pas facile, de travailler dans une entreprise, dont les dirigeants de l’époque,  pensaient plus à se remplir les poches qu’à développer l’entreprise et ses ressources humaines. 
    Après m’être longuement battue, contre les forces du mal, j’ai abdiqué et  j’ai de nouveau quitté ce travail décevant en 2005, meurtrie, déçue et malade. Je sentais qu’il fallait partir avant que je ne perde totalement la raison. Trois ans après mon départ, les dirigeants de cette l’entreprise furent traînés en justice et condamnés, pour malversation et corruption. 
    Ce fut un soulagement, car justice a été faite. 
    Je me suis de nouveau mise à mon compte en tant que traductrice et rédactrice, j’ai retrouvé une certaine paix intérieur et je suis de nouveau retournée à Montréal, pour m’y établir. Étant libre de mes mouvements, j’ai préféré y passer l’été et l’automne et retourner au Maroc, pour y passer l’hiver. 
    Ma vie s’est déroulée selon ce rythme et j’en étais satisfaite, jusqu’à l’arrivée de la pandémie. Je me trouvais à Casablanca et j’ai choisi d’y rester jusqu’à la fin du Covid. 

     

    (Le centre de Montréal et la gare routière et ferroviaire)

     
    Enfin je suis repartie au Canada 🍁 début de l’automne 2022. Un drôle de changement s’est opérée à Montréal, l’une de mes deux villes préférées 🤩. La pandémie y a laissé des séquelles indélébiles. Seule la nature rougeoyante de l’automne, la beauté des arbres rouges, jaunes, ocres sous un ciel bleu, tranchait avec la crise qui s’y est installée. Plusieurs commerces, cafés, restaurants, boulangeries et épiceries ont fermé leurs portes, dans mon quartier.  L’impact du Covid a marqué et les gens et l’économie. La vie est devenue extrêmement chère, les prix des produits alimentaires ont triplé. Les loyers ont grimpé et les citoyens se sont nettement et visiblement appauvris. 
    La précarité et la misère sont devenues frappantes et palpables, les sans domiciles fixes se sont multipliés. La misère s’est incrustée dans la société canadienne, dans un pays riche industrialisé, possédant des resources naturelles incroyables. La couverture sociale garantie par l’état ne suffit plus, pour couvrir les besoins des SDF, des retraités et des chômeurs. 
    Certains malls sont devenus un abris, pour les sans abris. Des mains se tendent dans les rues, demandant l’aumône. L’hiver s’annonce rude comme d’habitude. Les miséreux ( les personnes en situation d’itinérance) doivent y faire face, car les abris tél que : ( la Renaissance, l’armée du salut etc..) ne suffisent plus, pour couvrir la demande grandissante. 

    Je n’avais jamais vu Montreal dans cet état, auparavant, la pauvreté et le froid glacial. Des hommes et des femmes en haillons dans tous les coins et recoins de la ville, seul l’alcool et les drogues les maintiennent en mode survie.

    Cette situation m’a affectée et j’ai pensé à la misère qui bat son plein  au Maroc aussi, au phénomène des subsahariens qui ont apporté la leur pour amplifier la situation précaire d’une grande partie de notre société. 
    La pauvreté et le besoin restent les mêmes dans le monde, la différence se situe au niveau du climat. La précarité dans moins 20 dégrées est bcp plus cruelle que celle à plus 20 dégrées.
    Certes le mal est là, pour l’éradiquer il faut une volonté de fer, alors que la tendance générale dans le monde, est dans l’enrichissement d’une minorité et l’appauvrissement de la majorité.  Pourtant le Maroc fait des efforts dans le domaine industriel, pour résorber précarité sociale. 

    On se demande pourquoi ? Pourquoi les riches en veulent toujours plus et ne regardent jamais en bas la base, la grande majorité de l’humanité démunie. Quel est la morale de tout cela ? Je n’en vois pas. Je ne vois que le capitalisme outrancier, la voracité,  le contrôle et l’asservissement d’une classe sociale par l’autre.
    Pour nos jeunes qui rêvent de l’occident comme d’une bouée de sauvetage, comme un paradis terrestre. Détrompez-vous! Il est grand temps de changer cette vision, car l’occident souffre des mêmes maux que nous, sous un climat plus rude. Il ne faut pas non plus, oublier le rejet et le racisme exacerbé, dont  les occidentaux font preuve à notre égard et qui va  crescendo. 
    Désormais au  lieu de rêver d’aller ailleurs, pour mieux vivre, il vaut mieux rester chez soi et travailler pour créer sa propre richesse, créer et entreprendre, restent les solutions ultimes, pour échapper à une condition fragile et précaire. 
    Charles Aznavour chantait :  ‘il me semble que la misère serait moins pénible au soleil’ a-t-il eu raison ? 

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