Casablanca, et Casablancais appellent au secours !

Casablanca, cette grande ville du début du siècle précédent, renferme tous les problèmes du Maroc entier. C’est un petit Maroc avec tous ces soucis, ces insuffisances et ces mauvaises gestions.

Tous les riches et les pauvres de notre pays se sont donnés rendez-vous ici à Casablanca. Ils se côtoient et cohabitent partout dans la ville. Tous les quartiers résidentiels de la ville ont droit à leur bidonville. Alors on voit au plein milieu d’immeubles résidentiels de 25 000 DH (vingt mille dirhams) le mètre carré, des baraques et des tentes en plastique, des habitations défaillantes et une atmosphère moyenâgeuse. Des terrains boueux, des animaux qui broutent je ne sais quoi (ânes, vaches) qui de temps en temps sortent faire une petite promenade sur les chaussées goudronnées des quartiers résidentiels avoisinants.

Parfois je me demande ce qui se passe réellement, où sont les lois qui nous régissent ? Va-t-on les appliquer un jour? Non j’en doute fort. Quelle image donne-t-on de notre ville et de notre pays en général? Un pays qui avance, ou un pays qui régresse et retourne aux siècles anarchiques? Doit-on se considérer comme citadins? Ou comme des bouseux? Pourquoi veut-on vivre en ville dans les conditions du bled?

Parfois je me demande, où je suis exactement? Des bâtiments modernes à côté de baraques hideuses et précaires, qui ont parfois un étage, ou deux. Un danger, qui crève les yeux, mais que d’aucuns refusent de voir et de reconnaître. Un marché de victuailles digne du quinzième siècle, mais fréquenté  par la crème du quartier résidentiel, huppé d’Anfa, d’ailleurs les prix y sont très conséquents..

Des alentours crasseux, d’une saleté qui vous donne le haut-le-cœur, des odeurs nauséabondes

Mais que fait donc notre agence urbaine?  Que font donc nos élus et les associations, qui bénéficient de subventions de l’État? Notre devoir à tous est de dénoncer cette situation. Tout le monde est concerné, les riverains, les citoyens casablancais en général, ceux qui croient faire de bonnes affaires en évitant les marchés officiels et viennent faire leur courses dans des souks insalubres.

Tous ceux qui encouragent l’anarchie et font preuve d’indifférence face à de tels désordres urbains. Il y a aussi ceux qui s’érigent en victimes et ceux qui les exploitent à des fins obscures. L’idée du ‘tabsnis’ et ‘lahmouz’ est toujours omniprésente dans notre mentalité.

Nous ne  pouvons  pas faire preuve d’un peu plus d’altruisme et de dévouement à la cause casablancaise et lutter contre ces fléaux? On peut commencer par aller faire ses courses dans les vrais marchés autorisés, éviter les carrioles et les vendeurs ambulants qui sabotent le commerce officiel et qui sont souvent plus chers que les commerces légaux, j’en ai fait l’expérience.

Casablanca est l’affaire de tous, autorité, élu local, société civile et citoyen tout court. Quand je vois le camion qui ramasse les ordures, afficher la phrase suivante ‘Mettez vos sacs d’ordures dans le bac à ordures’ en arabe dialectale, je me dis ‘il y a vraiment problème

Les citoyens casablancais veulent-ils qu’on crée un service spécial, gratuit, qui récupérera leurs sacs de détritus directement à leur porte, pourquoi pas directement dans leur cuisine?

Ce je-m’en-foutisme, devant les responsabilités civiques, est vraiment intolérable. Mettre le sac dans le bac ne suppose pas un effort surhumain. Pourtant je passe dans les quartiers et je constate cette situation affligeante, avec beaucoup d’amertume et d’indignation. Je passe mon temps à déplorer ce sans-gêne et cette flemmardise.

Sans oublier toutes ces charrettes rapiécées tirées par un animal et conduites par de pauvres bougres en quête de bouteilles et de boîtes en plastique et qui circulent dans toutes les artères de la ville et tous les quartiers résidentiels. La précarité nous submerge, l’indigence et la pauvreté détruisent la ville de Casablanca et l’empêche de sortir du gouffre. Sans oublier la mendicité qui bat son plein dans tous les coins et recoins de la ville. Même les éboueurs font la manche. 
Un sentiment d’insatisfaction, de frustration, de dépit se lit sur les visages des gens dans la rue, tout le monde attend sa part de ce gâteau géant que constitue cette ville industrielle, cette ville à la fois riche et très pauvre. Tout le monde cherche à en tirer quelque bénéfice et personne ne pense à lui rendre un peu de ce qu’elle donne comme opportunité. Casablanca est la vache à traire, car ses habitants sont pour la plupart venus d’ailleurs et n’ont pas d’attachement à la ville. Ils y sont venus pour s’enrichir, pour y trouver un travail, pour mendier, pour voler. Presque personne n’aime Casablanca pour elle même.

Les vrais Casablancais les Bidaouis, les vrais sont noyés dans la masse, ils ont perdu leurs repères, ils sont devenus une petite minorité qui se retranche dans son espace et on ne les voit plus. 
Les plages sont investies par une certaine catégorie, qui ne laisse plus place aux autres, qui veulent eux aussi profiter de la mer sans être ennuyés et harcelés. En plus nos plages sont aussi devenues un espace de ‘business’ illégal, où le citoyen est plumé et mal traité par des malfrats, qui croient être les propriétaires du domaine public. Qui croit avoir tous les droits et tous les privilèges. La saison estivale à Casablanca est un enfer, pour ses habitants qui cherchent à vivre paisiblement. Le gardiennage devient une obligation, les pseudo-gardiens de voitures prolifèrent et exigent sous l’œil indifférent des autorités, des tarifs faramineux  et vous pourrissent la vie. Au point que bcp préfèrent déserter les plages, l’espace public en général, car ils se sentent en danger d’être agressés.

Casablanca doit être complètement repensée, un schéma directeur doit être appliqué à la lettre. Son centre-ville devrait être remis à niveau, ses bâtiments Art-deco repeints. Les promoteurs immobiliers devraient être mieux encadrés et obligés de respecter le schéma directeur de la ville, de créer des espaces verts entre ces affreux immeubles, qui gangrènent la ville et lui donnent l’aspect d’une prison. L’enrichissement illicite sur le compte de l’urbanisme de Casablanca devrait être interdit. Le boulevard Al Massira où le m2 se vend à prix d’or, aurait pu être plus harmonieux, une même couleur de peinture blanche des façades, des petits espaces verts entre chaque bâtiment. Un même style d’architecture. Cette urbanisation galopante et hétéroclite enlaidit la ville et lui enlève toute sa beauté et son attraction. 
Qui empêche Casablanca de décoller réellement ? Qui se met au travers de sa route vers la gloire et le développement ? Qui veut maintenir notre belle et grande ville dans la précarité, le désordre et l’anarchie ? Trouvons-le et dénonçons-le. 
Aux forces de maintien de l’ordre on demande plus de vigilance, on demande de faire respecter la cohabitation et l’utilisation de nos plages. On leur demande de nous garantir un minimum de respect dans l’espace public (les plages, les mosquées, les marchés, etc..).

Moi casablancaise je ne me sens pas en sécurité quand je sors dans la rue, que je sois dans ma voiture ou à pied. Je ne peux aller aux plages qui sont dans ma proximité, car j’ai peur d’être agressée, harcelée.
Je me suis juste une fois cet été penchée, pour contempler la mer devant ‘Mokhayamm Lala Meriem’, des odeurs nauséabondes m’ont fait reculée, c’est un désastre !

L’espace public est constamment pris d’assaut par ceux qui n’ont rien à faire et qui sont là à regarder les autres  vaquer à leurs occupations, qui les interpellent, leur demandent de l’aumône, ou le prix d’un gardiennage fictif. 

Nos communes qui devraient être les gardiens de l’espace public, l’utilisent pour faire entrer du cash et encouragent des organismes mafieux en leur louant nos rues et nos artères. Ces derniers recrutent des malfrats et les chargent de soutirer coute que coute de l’argent, injustifié irrégulier aux pauvres citoyens, qui se voient dans l’obligation d’obtempérer à ce chantage de peur de voir leurs véhicules saccagés, ou d’être carrément agressés verbalement et même physiquement ( surtout les femmes ). Ce phénomène a pris de l’ampleur, il est devenu incontournable. Les citoyens ne sont pas responsables de la détresse sociale de certaines couches sociales migrantes et immigrantes. L’entraide est une éthique et nous l’appliquons dans notre entourage, nous soutenons les nôtres qui sont eux aussi dans le besoin et qui ne tendent pas la main. Ces pseudo-gardiens deviennent de plus en plus agressifs et exigent de l’argent et vont jusqu’à prétendre que ces rues ces trottoirs, ces chaussées leur appartiennent et que le citoyen qui refuse de payer n’a qu’à aller ailleurs. 

Qui a crée ce genre de règlement sur mesure, sinon les élus de notre ville. Qui concède l’espace public et créent de l’anarchie, le désordre et encouragent la délinquance et le brigandage et la forfaiture, dont est victime et la ville et le citoyen? 

FB est la seule tribune qui permet aux casablancais et aux citoyens en général d’exprimer leur dégoût, leur colère de mettre en garde contre ces comportements illicites, mais qui les entend ? Personne on crée le problème et on laisse le citoyen face à cette situation, qu’il doit gérer tout seul et se débrouiller pour en sortir indemne. C’est injuste et c’est illégal. 

Nous sommes de nouveau à la veille des élections  législatives, municipales etc..Qui a encore confiance en ces élus ? Moi je n’ai pas confiance, car dans leur gestion minable du bien  public ils oublient et passent outre plusieurs aspects importants. L’organisation de tous les secteurs et toux les lieux publics et surtout ne voient le citoyen que comme une machine à sous qui crache de l’argent à tous les niveaux. Qui doit accepter et plier l’échine devant ces phénomènes de ‘tabsnis’ créés de toutes pièces, par les communes dans un cadre non réglementaire et qu’elles imposent au grand public.  Ce public  vu comme la seule source de cash, la seule vache à traire, sachant que nous payons nos impôts et nous payons même un impôt de solidarité. 

La société civile est en droit d’exiger le respect du citoyen et sa protection de ces mesures inéquitables, cette myopie dans la gestion de l’espace public et ce complot ourdi afin de lui soutirer du cash en amont et en aval. Cette gestion scabreuse, irresponsable qui donne carte blanche à des organisations hors la loi, avec lesquelles, nos élus font affaire. Des ‘Moul chkara’ qui ne payent ni taxes ni impôts et qui profitent fallacieusement de l’espace public et qui ont pour cible le pauvre casablancais sans protection. A ces mafias s’ajoutent celles de la mendicité, qui utilisent les enfants, les handicapés, les subsahariens etc..aussi dans le même but harceler le citoyen et lui rendre le quotidien encore plus stressant, plus angoissant et plus préoccupant qu’il ne l’est déjà. 

Ceux qui veulent se présenter aux prochaines élections, devraient inclure les problèmes quotidiens des citoyens dans leurs programmes et lutter d’arrache pieds contre l’illégalité et les mafias locales, sinon ils n’auront à mes yeux aucune crédibilité, comme ceux qui les ont précédés..

 

 

 

 

 

 

 

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